L’étoile de mer

Une étoile en avait assez
de broyer du noir
dans le ciel nocturne.

Un jour, sans se presser,
elle décida de se laisser glisser
sur la voute céleste.

Elle finit par arriver a l’horizon,
là où le soleil se couche,
dans une lumière aveuglante.

Pourtant l’étoile était triste,
car plus personne ne la voyait,
à cause de ce trop fier soleil.

Alors elle reprit doucement son chemin,
pour plonger dans la mer,
mais pas trop loin des côtes.

Posée sur le sable fin,
elle mit sa plus belle robe rouge
pour qu’on l’observe avec masque et tuba.

Elle devint ainsi la star des plages
et ne s’ennuya plus jamais.

Que puis-je faire ?

Je voudrais..
passer de l’autre côté du miroir,
pour regarder qui je suis.

Et toi, que voudrais-tu ?

Moi je désirerais..
jeter aux orties mes histoires,
pour aimer qui je suis.

Et toi, que désires-tu ?

Moi ? Je rêverais.. de
crever le plafond de verre,
pour éclairer qui je suis.

Et toi, que rêves-tu ?

Je devrais plutôt..
jeter de l’huile sur le feu,
pour rallumer qui je suis.

Et toi, que devrais-tu faire ?

Moi je sais, je pourrais..
mettre de l’ordre dans ma vie,
pour me rappeler qui je suis.

Et toi, que pourrais-tu faire ?

Emergence

Tu en as mis du temps,
pour émerger de ton néant.

Dans le bouillonnement
des premiers instants,
s’échappaient, très progressivement,
tous les possibles présents.

C’est ainsi que tu vis
ta singulière histoire,
issue de tous les infinis.

Le monde où tu vis
est la somme des hasards
de toutes les autres vies.

Tu en as pris du temps,
pour savoir ce que l’on fait ici.

Tu as fini à temps,
pour trouver le sens de la vie :
son émergence.

La fine équipe

Le poète ne travaille pas,
tout juste est-il bon pour l’équipe de nuit,
celle chargée du balayage du vestiaire des étoiles.

Il est trop occupé à rêver,
et son oisiveté,
est un remède au travail en équipe.

C’est que le poète n’est pas équipé
pour faire semblant comme les autres.

Il déteste d’ailleurs les lecteurs de l’Equipe,
très concentrés à vénérer les fantômes
de leurs rêves abandonnés.

Non le poète joue seulement en solitaire
car il n’est jamais solidaire
de l’arrogance des vainqueurs
mais de l’ignorance des rêveurs.